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Soutenance de thèse: Natacha KULUNDZIC (20 décembre 2018)

Discipline et mention: Langue et Littérature françaises

Titre de la thèse: Le rôle de la littérature dans l’édification d’une culture nationale

 

Résumé vulgarisé:

 

Il est aujourd’hui devenu banal de dire que le XVIème siècle est une période très importante pour la culture française : le français, jusqu’alors langue « basse » par rapport au latin, aurait accédé aux plus hautes fonctions de la communication. Or, l’affirmation selon laquelle la langue vernaculaire aurait changé de statut est fondée sur deux textes en particulier. Le premier, l’Ordonnance de Villers-Cotterêts, est promulgué par François Ier en 1539 et fait du français la langue de la justice. Dix ans plus tard, la Défense et Illustration de la langue française, œuvre manifeste du groupe de la Pléiade, écrite par Joachim du Bellay, assure que la langue française a les qualités nécessaires pour occuper tous les domaines de la culture, via la création par imitation des Anciens et l’enrichissement du lexique. La culture populaire véhicule ces deux présupposés sans jamais tenir compte de la réalité des faits.

Car, en vérité, le combat pour la langue française a commencé depuis le XIVe siècle, ce qui lui a déjà permis de conquérir bien des champs de la culture. De même, François Ier n’est pas le premier monarque à s’intéresser au vernaculaire ; il s’inscrit dans une continuité qui a déjà légitimé le français comme langue juridique et administrative. La réception actuelle de ce début du XVIe siècle et de la Pléiade, peut donc être qualifiée de « mythe ».

Les recherches ont montré que c’est au XIXe siècle que cette création a vu le jour, et que les Romantiques et le Parnasse ont joué un grand rôle dans cette élaboration. Après l’oubli et les attaques haineuses, la Pléiade— Ronsard et Du Bellay surtout— devient l’école qui permet à la France de justifier la continuité de sa littérature depuis l’Antiquité. La raison majeure qui explique la création de cette mystification est la volonté de lutter contre les attaques du nationalisme de plus en plus affirmé d’une Allemagne en cours de construction et en quête de gloire. La relecture des œuvres et des prises de position des élèves de Dorat est le fruit d’une nouvelle vision de l’histoire et de la naissance de l’histoire littéraire. Ces idées nouvelles, qui ont également pour objectif de mettre à mal le classicisme, deviennent à la fin du XIXe siècle, après la perte de l’Alsace-Lorraine en 1871, une preuve de la supériorité et du rayonnement de la culture française. Les mythes que l’on peut rencontrer au XVIe siècle, tous tournés vers l’image d’un royaume élu qui doit occuper la première place des Etats européens, sont attestés par les historiens. Cette représentation de la France est ensuite introduite dans l’éducation de tous les petits français grâce à l’école de la IIIe République, soucieuse de créer une conscience nationale forte, condition sine qua non pour pérenniser la IIIe République.

Mots clefs: Culture - littérature - mythe - conscience nationale - école

 

La soutenance aura lieu le jeudi 20 décembre à 10h, amphi Ribellu, campus Mariani

 

En savoir plus: Résumé scientifique

David Moungar | Mise à jour le 14/12/2018
Rendez-vous

Jeudi 20 décembre 2018 à 10h00


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